L’ostéopathie pour les maux de tête

par Agathe Jeanniot, ostéopathe (D.O./ Fr.) chez Espace O

Presque tout le monde a déjà été victime d’un mal de tête mais on fait souvent un amalgame entre migraine et mal de tête. En effet il existe de multiples types de maux de tête, la migraine n’étant que l’une d’entre eux…!

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Les céphalées primaires
Le mot céphalée est le terme médical pour les maux de têtes.
La céphalée primaire est un mal de tête survenant sans « raison », c’est à dire sans lien avec une autre pathologie ou traumatisme.
Dans cette catégorie nous retrouvons les céphalées de tension et nos fameuses migraines.
On peut également avoir un mix des deux, que l’on nommera céphalée mixte.
D’autres types de maux de tête tel que l’algie vasculaire de la face ou l’hémicrânie paroxystique chronique se retrouve ici aussi mais sont plus rares.

Céphalée primaire
Les céphalées de tension sont des maux de tête qui prennent le crâne en entier, on va parler de douleur « en casque » ou « en étau », à sensation de pression d’intensité variable, qui reste constante selon l’activité. Il n’y a généralement pas d’autres symptômes.
Les raisons mis en cause sont un état de tension intense, du stress, surmenage etc. On leur associe des tensions ou dysfonctions au niveau des muscles crâniens et de la sphère crânienne.
Ces céphalées peuvent être épisodiques ou chroniques.
La migraine quant à elle regroupe un ensemble de symptômes, incluant la céphalée.
Le terme de migraine suggère un douleur unilatérale, c’est à dire d’un seul côté de la tête. La douleur arrive progressivement et peut durer de quelques heures à quelques jours si aucun traitement n’est pris. Le type de douleur est pulsatile, avec une sensation de battement ou de coup de marteau. L’intensité de la douleur change selon l’activité, augmentant avec l’effort physique. Elle s’associe avec des nausées, vomissement et/ou gêne à la lumière et au bruit.

Je fais une petite parenthèse pour parler de la névralgie d’Arnold. C’est une atteinte d’un nerf périphérique situé à la base du crâne. Ce nerf bilatéral sort au niveau de la 2ème vertèbre cervicale et innerve les muscles profonds du cou. C’est un nerf à la fois moteur (pour la mobilité des muscles) et sensitif (sensation au niveau du cuir chevelu). Quand ce nerf est atteint, souvent après un choc, traumatisme mais parfois aussi « spontanément », le douleur va se manifester un niveau de l’arrière de la nuque de façon généralement intense, sur les mouvements du cou et va irradier au niveau du crâne jusqu’au front. On va donc avoir une douleur sur la moitié de la tête comme pour la migraine. La différence étant que pour la névralgie d’Arnold le patient va pouvoir suivre un trajet précis de la douleur qui va partir de l’arrière de l’oreille, au niveau de la nuque pour se terminer en avant sur le front.
Voici un tableau récapitulatif pour différencier migraine de céphalée de tension

2*l’hémicrânie signifie d’un côté du crâne
.

**pulsatilité signifie en pulsations, comme un cœur qui bat.

***la photophobie est la sensibilité à la lumière, la phonophobie est la sensibilité au bruit.

Les céphalées secondaires
Si une céphalée primaire survient « sans raison » la céphalée secondaire quant à elle est due à une pathologie ou un traumatisme identifiable. 
Par exemple elle peut faire suite à un traumatisme crânien, un accident vasculaire cérébral, une hémorragie, tumeur, hypotension, prise de médicament, infection, sinusite etc.
Il est important quand survient une céphalée de (se) poser quelques questions. A savoir :
-Est-ce la 1ère fois que ça arrive?
-Depuis quand est-elle présente?
-Quelles ont été les circonstances de déclenchement?
-Où est-elle localisée?
-Intensité sur une échelle de 0 à 10, 10 étant intolérable
-Évolution
-Phénomènes associés
-Est-elle soulagée ou aggravée par quelque chose?
Bien que souvent bénins et passagers il faut tout de même être attentif aux maux de tête car ils peuvent être signe de pathologies sous-jacentes qui n’ont pas encore été diagnostiquées.
Revenons maintenant plus spécifiquement sur les migraines

Migraine
La migraine représente environ 15% des céphalées primaires et touche environ 15% de la population, plus souvent les femmes et survient en grande majorité avant 30 ans, diminuant avec l’âge.
Elle a été longuement étudiée pour essayer d’en comprendre le mécanisme et bien qu’encore mystérieuse on en comprendre mieux le fonctionnement aujourd’hui.
La migraine est un phénomène neuro-vasculaire…. c’est à dire qu’il y a un phénomène neurologique (les nerfs) et vasculaires (les vaisseaux sanguins).3
Le cerveau est entouré de membranes qui le protègent. L’une de ces membranes est la dure-mère, dont les vaisseaux sanguins vont se dilater et s’inflammer, causant la crise migraineuse.
Les étapes sont :
•    une stimulation de l’hypotalamus (structure responsable de la liaison entre le système nerveux et le système endocrinien (les hormones)) par des facteurs déclenchants.4
•    les neurones qui innervent les artères de la dure-mère sont alors stimulés
•    les terminaisons nerveuses libèrent des substances chimiques dans la paroi des vaisseaux sanguins
•    ce qui provoque une inflammation et une vasodilatation (dilatation d’un vaisseau), créant de la douleur
•    cette douleur est transmise aux centres nerveux
On distingue différents types de migraine :
•      la migraine commune.
La plus fréquente. 
- unilatérale
- pulsatile
- nausées, vomissement
- photophobie ou phonophobie
- trouble de la concentration
- mal-être général
•    la migraine accompagnée 
Celle-ci est précédée de signes annonciateurs tels que des fourmillements ou une légère paralysie. Ils apparaissent environ 1h avant la migraine et sont variables.
•    la migraine ophtalmique 
Celle-ci est accompagnée de trouble visuel comme des flashs, points lumineux, vision déformée…
Ces symptômes peuvent également déclencher des nausées. Ces facteurs ne sont pas douloureux en tant que tel et ne sont pas signe d’un trouble de la vue, bien que des tensions ou déficience visuelle puissent entraîner des migraines également (comme par exemple passer trop de temps devant un écran)
La migraine avec aura fait référence à une migraine ayant des signes annonciateurs, qu’ils soient de l’ordre des troubles visuels ou des engourdissements.

D’un point de vue ostéopathique
Bien qu’étant décrite comme une céphalée primaire n’ayant pas de cause d’apparition, la migraine n’apparaît pas par magie…
Et que ce soit la migraine ou tout autre mal de tête, la vision de l’ostéopathe et son traitement resteront le même : chercher l’origine !
Elle peut être :
•    Vasculaire, c’est la principale!
•    Neurologique
•    Ostéo-articulaire
•    Traumatique
•    Psychologique
•    Hormonale

Même si nous les départageons, la plupart de ces origines se recoupent, puisqu’un traumatisme physique va engendrer une dysfonction ostéo-articulaire, celle-ci pouvant affecter les trajet nerveux et vasculaires.
Le choc traumatique peut également être émotionnel, et l’origine psychologique peut être de l’ordre des émotions, stress, contrariété… 
Les menstruations sont réputées pour causer des maux de tête, dus à la variation hormonale mais aussi aux tensions des organes du petit bassin (utérus, ovaires..)

Les principes de base de l’ostéopathie, selon A.T. Still, sont :
•    l’unité du corps
•    la structure gouverne la fonction
•    le rôle de l’artère est suprême
Les maux de tête étant généralement liés à un soucis vasculaire le rôle de l’ostéopathe va être de relancer une bonne circulation au niveau des artères du crâne.
La vascularisation du crâne part principalement des cervicales, et une structure ne pouvant pas s’isoler, on parle également du reste de la colonne et du bassin ainsi que de toutes structures, proches ou à distance, pouvant influencer cette vascularisation.

L’ostéopathe va faire un travail au niveau crânien, manipulation douce de la base du crâne et du crâne lui même, pour rééquilibrer les structures et permettre une bonne mobilité et circulation tant vasculaire que nerveuse.
Il travaillera les vertèbres cervicales, dorsales et premières côtes, à la recherche de toute dysfonction ou blocage des étages vertébraux qui pourrait avoir des répercutions sur les plexus nerveux et vasculaires ainsi que générer des tensions musculaires ayant le même résultat. Les techniques utilisées sont plus fonctionnelles que structurelles; c’est à dire plus « douces », en travaillant avec les tissus mous de la région pour éviter tout risque d’aggravation si les symptômes sont présents.
Il est bon de commencer par des techniques musculaires de compression pour détendre la zone de la nuque et des épaules, pour permettre un relâchement et un accès plus facile aux structures.
Par le biais des fascias, des chaînes musculaires et selon le principe d’unité du corps, il pourra y avoir un travail au niveau viscéral. Que ce soit les organes du petit bassin (incluant un travail structurel du bassin) ou de l’abdomen ainsi qu’une détente du diaphragme.

Les céphalées sont un motif de consultation fréquent mais aussi parfois non investigué car beaucoup de personnes se sont fait une raison! 
L’ostéopathie apporte un soulagement au niveau de l’intensité, la fréquence et peut permettre une disparition totalement des maux de tête dans beaucoup de cas.  
Le traitement peut aussi être multidisciplinaire, que ce soit en combinaison avec votre médecin, un psychologue, pour travailler les causes émotionnelles ou de stress, un acupuncteur (en médecine chinoise et en ostéopathie, le foie est tenu comme grand responsable de beaucoup de pathologie) ou un naturopathe.
Ne soyez donc pas désespéré, la céphalée n’est pas une fatalité!

par Agathe Jeanniot, ostéopathe (D.O./ Fr.) chez Espace O

a.jeanniot@espaceo.ca

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Références
http://www.migraine.fr/les-differents-maux-de-tete/cephalees-primaires/https://osteopathie.ooreka.fr/comprendre/migraine-osteopathiehttp://www.osteopathe-larochelle.fr/migraine-cephalees-osteopathie/http://www.hug-ge.ch/sites/interhug/files/structures/medecine_de_premier_recours/documents/infos_soignants/cephalees_arce_2013.pdf[1]